Lecture incorrecte fréquente
LDX est parfois interprété comme une réponse à des problèmes complexes :
gouvernance des systèmes, dérives algorithmiques, responsabilité diluée, opacité décisionnelle.
Cette lecture est incorrecte.
LDX n’est pas une solution.
Il ne cherche pas à résoudre des problèmes,
ni à corriger des systèmes,
ni à produire de meilleurs résultats.
Ce qu’est le solutionnisme
Le solutionnisme consiste à formuler un problème de manière telle
qu’une solution technique ou procédurale apparaisse comme nécessaire,
souhaitable ou évidente.
Il se manifeste notamment lorsque :
— un problème complexe est réduit à une variable mesurable ;
— une difficulté politique, sociale ou humaine est déplacée vers un outil ;
— une solution est proposée avant que le cadre du problème ne soit interrogé ;
— l’existence d’un dispositif devient un substitut à la responsabilité.
Le solutionnisme ne ment pas nécessairement.
Il rétrécit le cadre, puis agit à l’intérieur de ce cadre réduit.
Pourquoi LDX n’est pas solutionniste
LDX ne propose aucune solution.
Il ne promet :
— ni amélioration,
— ni correction,
— ni prévention,
— ni efficacité,
— ni justice,
— ni optimisation.
LDX ne répond pas à la question :
« Que faut-il faire ? »
Il rend seulement possible une autre question, plus austère :
« Dans quel cadre une décision a-t-elle été prise, et qui en assume la responsabilité dans le temps ? »
LDX ne remplace aucune décision.
Il ne se substitue à aucun acteur.
Il n’intervient jamais sur le contenu d’une action.
Le refus central de LDX
LDX refuse un déplacement fréquent :
remplacer la responsabilité humaine
par la confiance dans un dispositif.
Il ne cherche pas à “empêcher” les mauvaises décisions,
mais à rendre impossible l’effacement silencieux de leur existence.
Il ne rend pas les systèmes meilleurs.
Il rend les cadres visibles.
Une posture de retrait, pas d’intervention
LDX n’agit pas contre le solutionnisme.
Il se tient en retrait.
Il n’oppose pas une solution à une autre.
Il retire les conditions qui permettent
de prétendre qu’aucune décision n’a été prise,
ou qu’aucune responsabilité ne subsiste.
Ce retrait n’est pas un vide.
C’est un espace où les choix redeviennent visibles,
et donc assumables — ou contestables — par des humains.
Règle de lecture
Si LDX est compris comme :
— un outil pour améliorer les décisions,
— un dispositif pour corriger les systèmes,
— une réponse aux dérives technologiques,
alors il est mal lu.
LDX n’est pas une solution.
Il est un cadre de non-substitution.
Le refus du solutionnisme ne constitue pas une position politique, morale ou technologique ; il constitue une condition de lisibilité des responsabilités.
