Avant le geste


Il existe un moment précis
où tout est déjà là,
sauf le geste.

Ce moment n’est pas un manque.
Ce n’est pas une hésitation.
Ce n’est pas une faiblesse.

C’est un espace.

Un espace où l’intention est claire,
où les conséquences sont visibles,
et où rien n’oblige encore à agir.

Dans cet intervalle :

  • la volonté n’est pas absente,
  • elle est retenue,
  • non par peur,
  • mais par conscience.

Le geste n’est pas empêché.
Il est suspendu.

Suspendu jusqu’à ce qu’un humain accepte une chose simple et exigeante à la fois :
lier son intention à ce qui suivra,
sans garantie,
sans délégation,
sans refuge.

Ce seuil n’est franchi par personne d’autre.
Il ne se justifie pas.
Il ne se prouve pas.

Il se reconnaît.