Fondations – L’obsolescence de l’inconscience


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Formulation

LHX pose que ce qui devient obsolète avec l’essor des systèmes techniques et des intelligences artificielles
n’est pas la décision humaine,
mais l’inconscience de ses conditions.

À mesure que les outils gagnent en puissance, en vitesse et en opacité,
il devient possible de produire des effets significatifs
sans jamais expliciter :

– les hypothèses engagées,
– les responsabilités assumées,
– les limites reconnues.

Cette situation rend l’inconscience — entendue comme absence de clarification volontaire —
structurellement problématique.
Non parce qu’elle serait moralement condamnable,
mais parce qu’elle désaligne l’action, le sens et la responsabilité.

LHX identifie ainsi une bascule :
ce n’est plus l’erreur qui devient inacceptable,
mais le fait de ne pas vouloir voir
les cadres qui rendent l’erreur possible.

L’obsolescence visée par LHX n’est ni technique ni humaine.
Elle concerne un mode de fonctionnement
où l’on agit sans expliciter,
décide sans qualifier,
et justifie sans assumer.


Autrement dit

Ce qui devient difficile aujourd’hui,
ce n’est pas de se tromper.
C’est de prétendre que l’on ne savait pas.

Les outils sont puissants,
les systèmes complexes,
les décisions distribuées.

Mais cette complexité ne peut plus servir d’alibi
à l’absence de regard.

LHX ne cherche pas à supprimer la distance
entre l’action et ses effets.
Il cherche à la rendre visible.

Il n’exige ni maîtrise totale,
ni certitude,
ni perfection morale.

Il rend simplement plus difficile
le fait d’agir sans dire
ce que l’on ignore,
ce que l’on ne contrôle pas,
et ce que l’on choisit néanmoins d’assumer.


Clarification

L’inconscience n’est pas une faute.
C’est un état confortable
qui, dans un monde outillé,
cesse progressivement d’être viable.

LHX apparaît à ce point précis :
là où l’on ne peut plus faire “comme si”,
et où il faut accepter de regarder
ce que nos décisions engagent réellement.